Les licornes Assurtech d’Asie

Les meilleures compagnies Assurtech d’Asie

Composé d’une centaine de startups, l’écosystème Assurtech en Asie est encore relativement bourgeonnant comparé à celui d’Europe et d’Amérique du Nord . Mais selon les études et classements récents, l’Asie a un énorme potentiel pour conduire le changement dans le monde de l’assurance. Parmi les 20 premières villes pour les startups Assurtech dans le monde, Singapour se classe 7ème et les villes indiennes de Mumbai et Gurgaon se classent respectivement 9ème et 17ème.

Les pays asiatiques sont lentement mais surement entrain de produire les prochaines licornes Assurtech mondiales … Le but de cet article est de jeter un coup d’œil aux trois principaux marchés asiatiques de l’Assurtech, en particulier comment ils stimulent l’innovation et quels challenges ils doivent encore aborder.

Licornes Assurtech Asie

Singapour

Ce qui distingue Singapour des autres plaques tournantes asiatiques, c’est que, dans ce pays très en avance économiquement, les deux tiers de la population sont déjà assurés – un nombre très élevé pour la région. Par conséquent, l’industrie Asssurtech locale se concentre principalement sur l’amélioration des services existants.

Singapore Life offre le règlement des sinistres dans les 24 heures et la startup Assurtech PolicyPal vient de déployer PolicyPal Business, une plateforme d’assurance collective unique en son genre conçue pour les petites et moyennes entreprises.

Une autre société singapourienne, Bandboo, surfe sur la vague de battage médiatique de l’assurance des Millenials avec une couverture peer-to-peer.

Grâce à ses conditions favorables aux affaires, Singapour est particulièrement bien placée pour être le plus grand acteur Assurtech d’Asie. L’autorité monétaire de Singapour (MAS) a déployé un incubateur dédié a la Fintech pour encourager l’expérimentation et l’innovation dans le secteur financier. Les start-up peuvent tester de nouveaux produits et services financiers dans un environnement contrôlé avant leur entrée sur le marché. PolicyPal a été la première startup Assurtech à sortir de l’incubateur de MAS.

Singapour est également une plaque tournante florissante pour l’intelligence artificielle (IA) et les mégadonnées. Le gouvernement singapourien a dirigé l’adoption précoce de l’IA en s’associant à des entreprises comme Microsoft, des startups locales et des chercheurs en science des données. L’enquête Accenture de 2017 a montré que parmi les 26 pays étudiés, Singapour et les Émirats arabes unis étaient les plus prêts pour les services d’IA «hyper-personnalisés».

Enfin, des sociétés de technologie financière et d’assurance de classe mondiale ont établi des dizaines de laboratoires d’innovation à Singapour au cours des dernières années. Le bassin d’ingénieurs en informatique de la ville et la législation favorable se sont avérés être un énorme atout pour les investissements internationaux. Parmi les pôles de collaboration figurent le «garage numérique» d’Aviva et le «Asia Lab» d’Allianz.

Inde

L’Inde est le concurrent sérieux de Singapour dans le segment Assutech régional. Notamment au travers de ses deux villes indiennes dans le TOP20 mondial de l’Assurtech. Mais contrairement à Singapour, la population indienne est considérablement sous-assurée. La pénétration de l’assurance en Inde était seulement de 3,42% en 2017, bien en deçà de la moyenne mondiale. La population mal assurée des 1,3 milliard d’Indiens est un énorme marché à exploiter pour les compagnies locales de l’Assurtech.

Il existe deux grandes opportunités en Inde:

1- La principale opportunité en Inde est de distribuer des plans de micro-assurance, sur des sujets aussi variés mais essentiels que les assurances récolte ou contre la dengue. La micro-assurance est moins chère et plus flexible, attirant les assurés à faible revenu ainsi que les nouveaux venus dans l’assurance.

2- La montée du mobile: la forte augmentation de l’utilisation du téléphone mobile et de l’accès à Internet à travers le pays facilite l’accès à une clientèle qui était auparavant hors d’atteinte. Les startups indiennes créent des applications mobiles en masse et offrent une souscription 100% en ligne, un support client et une gestion des réclamations. Le tout à un coût très raisonnable. Les personnes vivant dans les zones rurales, qui devaient généralement se rendre au bureau d’un courtier, peuvent désormais accéder aux services à distance. Cette approche s’est révélée incroyablement réussie, Paytm et PolicyBazaar obtenant tous deux le statut de licorne (start-up dont la valorisation est supérieure à 1 Milliard de Dollars)

 

L’industrie indienne de l’assurance ne bénéficie pas du même niveau de soutien gouvernemental que dans les autres pays asiatiques. Les législateurs Indiens sont en retard. L’Autorité indienne de réglementation et de développement des assurances (Irdai) vient seulement de lancer un plan de création d’un incubateur pour les sociétés d’Assurtech et de Fintech, promettant de nouveaux développements. Il est également probable que des des programmes régionaux d’Assurtech se développent dans un avenir proche dans ce grand pays aux fortes régions.

Chine

Les sociétés Assurtech de la région de Shanghai ont déjà plus de 1,3 Milliard de Dolalrs, plaçant la Chine sur la carte des leaders de l’Assurtech. Les assureurs chinois cherchent à tirer parti du boom numérique du pays.

La population de la Chine possède collectivement plus d’un milliard de smartphones et le système de messagerie et de paiement local WeChat est profondément intégré dans la vie quotidienne, ce qui facilite le maillage de la clientèle locale, quelle que soit sa situation géographique. Zhong An, le premier assureur chinois à vendre des services exclusivement en ligne, compte désormais plus de 400 millions de clients.

Le marché chinois des Assurtech devrait atteindre 1,4 billion de yuans (près de 200 milliards d’Euros) d’ici 2021, selon un rapport de ZhongAn Technology. La technologie jouera un rôle clé dans le remodelage de l’industrie. La blockchain, l’IA, l’Internet des objets, les mégadonnées et le cloud computing sont cités comme les accélérateurs les plus importants de l’Assrtech chinoise. L’IA est déjà utilisée en Chine pour la prévention de la fraude, mais la technologie est étendue à davantage de domaines. Les assureurs automobiles, par exemple, testent des solutions qui utiliseraient l’IA pour régler les réclamations sur la base des photos envoyées par les assurés.

De même, l’IoT et le big data sont déjà utilisés pour le processus de souscription, mais leur plein potentiel reste à réaliser. Les assureurs chinois investissent désormais dans l’infrastructure nécessaire pour collecter et gérer de grandes quantités de données.

Contrairement aux marchés européens ou nord-américains, la Chine est relativement nouvelle en matière d’assurance. L’absence de systèmes informatiques hérités donne aux assureurs chinois l’agilité dont de nombreux marchés matures ne peuvent que rêver.

Des entreprises comme Zhong An ou Ping An sont également plus ouvertes à l’innovation, adoptant souvent l’approche “trial & error”. Ils traitent le marché comme un laboratoire – évaluant et itérant constamment leurs services pour obtenir les meilleurs résultats.

L’avenir de l’Assurtech asiatique

Les marchés asiatiques des Assurtech étant si radicalement différents, il est difficile de généraliser. Singapour, l’Inde et la Chine ont un ensemble de défis entièrement différents à surmonter, et différents niveaux de soutien, public ou privé, pour le faire. Mais ce qui est clair, c’est que la technologie jouera un rôle clé sur tous ces marchés. Qu’il s’agisse de peaufiner les services pour des clients singapouriens de longue date ou d’essayer d’atteindre une nouvelle clientèle en Inde ou en Chine, les changements technologiques seront le facteur déterminant de l’avancée des produits d’assurance sur ces marchés.

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